par Antoine Buéno, L’Opinion, 17 janvier 2023
Pour atteindre la neutralité carbone en 2050, la stratégie énergétique annoncée à Belfort en février 2022 repose sur trois hypothèses hasardeuses. Si elles ne se vérifient pas, la France manquera d’électricité : il faudrait prévoir dès aujourd’hui deux fois plus de nouveaux réacteurs.
En bref
- Première hypothèse : une consommation d’énergie inférieure de 40 % en 2050, alors que la France comptera deux millions d’habitants de plus et un PIB plus élevé d’environ 32 % (avec 1 % de croissance par an).
- Deuxième hypothèse : la prolongation indéfinie des réacteurs actuels, dont près de 80 % de la capacité a été construite entre 1975 et 1990, pour quarante ans.
- Troisième hypothèse : la possibilité de piloter un système électrique moitié nucléaire, moitié renouvelable, qui reste à démontrer.
Les trois arguments de l’article
Une baisse jamais observée
Depuis les années 1970, les besoins en énergie augmentent moins vite que la population et le PIB, mais ils augmentent encore : un découplage absolu n’a jamais été observé. Et selon les études citées par l’auteur, les gains des rénovations thermiques s’estompent vite.
Des capacités qui pourraient baisser
Les 14 EPR2 annoncés représentent 35 % de la capacité actuelle. Si les anciens réacteurs étaient arrêtés après cinquante ans, la capacité nucléaire baisserait de 45 % en 2050 au lieu d’augmenter.
La pilotabilité en question
Même sans fermeture, l’objectif vise environ moitié nucléaire, moitié hydraulique, éolien et solaire. Plus les vieux réacteurs fermeront tôt, plus le mix penchera vers des énergies dont la pilotabilité n’est pas acquise.
« La seule solution pour éviter un black-out généralisé en 2050 est de prévoir dès aujourd’hui la construction de deux fois plus d’EPR2. »Antoine Buéno, L’Opinion, 17 janvier 2023
Pourquoi ce débat nous intéresse
L’électrification est au cœur de la transition énergétique, et la question de la quantité d’électricité disponible en 2050 conditionne tout le reste. Cet article a le mérite de mettre à l’épreuve les hypothèses d’une stratégie publique, chiffres à l’appui. Il date de début 2023 : la programmation énergétique a été débattue depuis, et il faudra confronter ces chiffres aux choix effectivement faits.
Questions pour le débat
- Peut-on compter sur une forte baisse de la consommation d’énergie pour planifier la production d’électricité ?
- Faut-il construire plus de réacteurs, ou miser davantage sur les renouvelables et le stockage ?
- Comment garantir la stabilité d’un réseau électrique avec une forte part d’énergies variables ?
Pour aller plus loin sur apala.fr
Résumé rédigé par Claude, une intelligence artificielle, pour APALA, à partir de l’article publié dans L’Opinion le 17 janvier 2023. Les positions exprimées sont celles de l’auteur. Une erreur ? Écrivez-nous.








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