par Antoine Buéno, L’Opinion, 22 avril 2024
Le 9 avril 2024, le SBTi, label de référence pour la décarbonation des entreprises, a ouvert la porte aux crédits carbone. Une brèche, alerte l’article : compenser n’est pas réduire, et des crédits souvent sans effet menacent la crédibilité du label.
En bref
- Le SBTi (Science Based Targets initiative), créé en 2015 après l’Accord de Paris par des ONG comme le CDP, le WRI ou le WWF, est devenu le label mondial de référence pour valider les stratégies climat des entreprises.
- Un crédit carbone correspond à une tonne de CO2 évitée ou séquestrée, par exemple en plantant des arbres ; une entreprise peut l’acheter pour améliorer son bilan.
- La décision a suscité une vive polémique : le personnel du SBTi a contesté sa gouvernance, et l’organisme a publié une mise au point peu claire.
Les trois arguments de l’article
Compenser n’est pas réduire
Si les crédits carbone valident la décarbonation, les entreprises n’ont plus à transformer leur modèle : la compensation prolonge le statu quo. L’objection libérale, qui veut juger au résultat, se heurte au point suivant.
Des crédits souvent sans effet
Une enquête publiée en janvier 2023 a montré que plus de 90 % des crédits carbone liés à la préservation des forêts tropicales n’avaient eu aucun effet positif sur le climat, selon les chiffres cités par l’auteur.
L’indépendance des certificateurs
Le comité scientifique du SBTi n’aurait pas été consulté, et l’organisme est désormais aussi financé par des fondations d’entreprises. Un label climat ne vaut que par l’indépendance de ceux qui l’attribuent.
« Mais quelle qu’en soit l’issue, elle prouve que, sans indépendance absolue de ses censeurs, le greenwashing aura encore de belles années devant lui. »Antoine Buéno, L’Opinion, 22 avril 2024
Pourquoi ce débat nous intéresse
Mesurer les efforts réels des acteurs pour le climat est une condition de toute transition crédible. Cet article rappelle une distinction que nous faisons aussi : réduire ses émissions et les compenser ne se valent pas, surtout quand la compensation repose sur des crédits fragiles. Il invite à regarder de près les labels, et l’indépendance de ceux qui les délivrent.
Questions pour le débat
- Les crédits carbone peuvent-ils jouer un rôle utile, et à quelles conditions ?
- Comment garantir l’indépendance des organismes qui certifient les stratégies climat ?
- Faut-il juger une entreprise à ses émissions réduites ou à ses émissions compensées ?
Pour aller plus loin sur apala.fr
Résumé rédigé par Claude, une intelligence artificielle, pour APALA, à partir de l’article publié dans L’Opinion le 22 avril 2024. Les positions exprimées sont celles de l’auteur. Une erreur ? Écrivez-nous.








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