entretien avec Jacques Lecomte, Paris Match Belgique, 24 décembre 2023
L’idée d’un être humain fondamentalement égoïste et violent relève de la croyance, pas de la science. Les recherches des trente dernières années décrivent une espèce prédisposée à l’entraide, à condition de cultiver cette disposition.
En bref
- « L’homme est un loup pour l’homme » n’est pas un résultat scientifique, mais la réplique d’un personnage du dramaturge Plaute ; Hobbes, Freud ou Lorenz ont surtout exprimé des opinions.
- Cette vision pessimiste a des effets : elle dévalorise la coopération, fait passer le cynisme pour du réalisme et produit des prophéties autoréalisatrices.
- La bonté n’est pas garantie, elle est un terreau : l’éducation, la culture et nos choix la font grandir ou la limitent.
Les trois idées de l’entretien
Une prédisposition démontrée
Neurobiologie, psychologie, anthropologie convergent : des chercheurs de l’Institut Max Planck observent des gestes d’aide spontanés chez une majorité de bébés dès 14 mois, et les zones cérébrales de la récompense répondent à la coopération, pas à la compétition.
La bonté résiste même au pire
Dans les vraies catastrophes, les victimes s’entraident plutôt qu’elles ne paniquent. Pendant la Seconde Guerre mondiale, selon une enquête citée, 96 % des personnes sollicitées pour aider des Juifs ont accepté.
La bonté se pollinise
La réciprocité est une règle morale universelle : recevoir un geste généreux pousse à le rendre. Les récits de bonté nous élèvent et donnent envie d’agir ; chacun peut ainsi contribuer à faire basculer la société vers plus de coopération.
« tous, dans notre quotidien, nous pouvons être des pollinisateurs de bonté »Jacques Lecomte, entretien dans Paris Match Belgique, 24 décembre 2023
Pourquoi ce débat nous intéresse
Les transitions écologiques et sociales reposent sur la coopération : entre citoyens, entre acteurs publics et privés, entre générations. Si l’on croit que chacun ne pense qu’à soi, on conçoit des politiques de contrainte et de méfiance. Cet entretien, appuyé sur la recherche, invite à miser davantage sur la confiance, sans naïveté sur la violence ni sur les injustices.
Questions pour le débat
- Notre vision pessimiste de la nature humaine influence-t-elle nos choix politiques, par exemple face à l’urgence écologique ?
- Comment l’école, l’entreprise ou les associations peuvent-elles cultiver la coopération plutôt que la compétition ?
- Les médias devraient-ils faire plus de place aux histoires de bonté, au risque de paraître naïfs ?
Pour aller plus loin sur apala.fr
Résumé rédigé par Claude, une intelligence artificielle, pour APALA, à partir de l’entretien publié dans Paris Match Belgique le 24 décembre 2023. Les positions exprimées sont celles de la personne interrogée. Une erreur ? Écrivez-nous.








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