par Eddy Fougier, Les Échos, 12 juillet 2019
Les enquêtes internationales placent les Français parmi les plus sceptiques sur les innovations scientifiques et les vaccins. La réalité est plus nuancée : ils ont une bonne image de la science, mais se méfient de ses applications, et cette méfiance prend quatre formes à distinguer.
En bref
- Dans une enquête de la Fondapol menée dans 42 pays démocratiques, les Français sont parmi les plus sceptiques sur l’effet des innovations, notamment sur l’emploi et les libertés.
- Le Wellcome Global Monitor, mené dans plus de 140 pays, les place en tête de ceux qui voient la science comme une menace pour l’emploi local (55 %) et qui doutent de la sûreté des vaccins (33 %).
- Pourtant, les enquêtes nationales montrent une bonne image de la science, de la recherche et des chercheurs ; les doutes portent sur les applications (vaccins, pesticides, nucléaire, OGM) et sur les intérêts économiques.
Les quatre critiques de la science, en trois arguments
Une critique idéologique
Elle s’appuie sur une vision écologiste, le rejet de la technique ou de la médecine conventionnelle, ou l’anticapitalisme : antivaccins, anti-OGM, antinucléaire. Les plus radicaux contestent le rationalisme scientifique lui-même.
Une critique pragmatique
Elle vient de personnes qui se disent victimes d’applications scientifiques ou qui ont peur pour leurs proches, que ces peurs soient fondées ou non : riverains d’installations, victimes revendiquées de médicaments ou de pesticides.
Individualisme et antiélitisme
Les uns refusent les règles sanitaires au nom de leur liberté de choix, comme la « liberté vaccinale ». Les autres soupçonnent une collusion entre science, politique et économie, parfois jusqu’au complotisme.
« Autre élément à nuancer, la critique de la science et surtout de ses applications n’est pas uniquement le fait d’affreux obscurantistes climatosceptiques, platistes ou antiévolutionnistes. »Eddy Fougier, Les Échos, 12 juillet 2019
Pourquoi ce débat nous intéresse
La confiance dans la science est une condition des transitions : sans elle, les débats sur les vaccins, les pesticides, le nucléaire ou l’alimentation tournent au dialogue de sourds. Cet article aide à comprendre d’où viennent les doutes, plutôt que de les réduire à de l’obscurantisme. Distinguer ces quatre critiques, c’est se donner les moyens d’y répondre chacune à sa façon.
Questions pour le débat
- Comment répondre à une inquiétude fondée sur une expérience personnelle, sans la balayer ni lui céder ?
- La méfiance envers les applications de la science vient-elle d’un manque d’information, ou d’un manque de confiance dans les institutions ?
- Comment distinguer une critique légitime d’une application scientifique d’un rejet de la science elle-même ?
Pour aller plus loin sur apala.fr
Résumé rédigé par Claude, une intelligence artificielle, pour APALA, à partir de l’article publié dans Les Échos le 12 juillet 2019. Les positions exprimées sont celles de l’auteur. Une erreur ? Écrivez-nous.








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