par Jacques Lecomte, Libération, 16 mars 2011
Les médias ont salué le calme des Japonais face à la catastrophe. Ce comportement n’a pourtant rien d’exceptionnel : partout, les recherches montrent que les victimes de catastrophes restent lucides, s’entraident et prennent des risques pour sauver des inconnus.
En bref
- Trois croyances dominent nos représentations des catastrophes : la panique générale, la montée des comportements égoïstes ou criminels, et l’impuissance des victimes en attendant les secours.
- Pour les chercheurs qui étudient les réactions humaines face aux catastrophes, ce sont des mythes, souvent nourris par des récits médiatiques de seconde main.
- La leçon à en tirer : les citoyens ordinaires sont des êtres responsables et altruistes, sur lesquels les services de secours peuvent s’appuyer.
Les trois arguments de l’article
Katrina, une « zone de guerre » qui n’en était pas une
En 2005, à La Nouvelle-Orléans, médias et autorités décrivent crimes, viols et pillages ; plus de 72 000 militaires sont déployés. Ces récits se révèlent faux : sur place, les enquêteurs du Disaster Research Center de l’université du Delaware observent surtout altruisme et solidarité.
Avoir peur n’est pas paniquer
La peur et la fuite sont des réactions adaptées au danger ; la panique, c’est la peur plus la perte du contrôle de soi. Elle reste rare, brève et peu contagieuse : sur plus de 700 cas étudiés, le cofondateur de ce centre peine à en citer quelques manifestations.
Prendre l’essentiel n’est pas piller
Les chercheurs distinguent le pillage de l’appropriation de biens de première nécessité (eau, nourriture, couvertures), qui domine en réalité. Une identité collective se forme entre victimes, et beaucoup risquent leur vie pour des inconnus.
« les citoyens ordinaires sont des êtres responsables et altruistes sur lesquels peuvent s’appuyer les services officiels de secours. »Jacques Lecomte, Libération, 16 mars 2011
Pourquoi ce débat nous intéresse
La façon dont on imagine les crises oriente les politiques qu’on prépare pour y faire face : si l’on croit que la population va paniquer, on la tient à l’écart ; si l’on sait qu’elle s’entraide, on peut s’appuyer sur elle. Ce texte rejoint une conviction d’APALA : le catastrophisme et les clichés sur la nature humaine ne sont pas de bons guides pour agir, et les transitions ont besoin de confiance dans la capacité des gens à coopérer.
Questions pour le débat
- Pourquoi les récits de panique et de pillage s’imposent-ils si vite, alors que les enquêtes les démentent ?
- Comment les secours et les pouvoirs publics peuvent-ils mieux s’appuyer sur l’entraide spontanée des habitants ?
- Ces constats valent-ils aussi pour les crises lentes, comme le changement climatique ?
Pour aller plus loin sur apala.fr
Résumé rédigé par Claude, une intelligence artificielle, pour APALA, à partir de l’article publié dans Libération le 16 mars 2011. Les positions exprimées sont celles de l’auteur. Une erreur ? Écrivez-nous.








0 commentaire