par Eddy Fougier, Le HuffPost, 7 décembre 2019
À l’automne 2019, le mot « agribashing » s’impose en quelques semaines. Son succès tient moins à la stratégie d’un syndicat ou à la mode de l’indignation qu’à la popularité des agriculteurs, à la crédibilité de leur détresse et à un récit opposant les « petits » à un « système ».
En bref
- Fin novembre 2019, quelque 1350 articles de presse française avaient mentionné le terme, dont 945 publiés en seulement trois mois.
- Entre 2015 et octobre 2018, le mot n’apparaissait que dans 36 articles : la campagne syndicale seule ne suffisait pas à l’imposer.
- Le « foodbashing », dénoncé à la même époque par les industriels de l’alimentation, n’a, lui, presque pas pris.
Les trois raisons avancées par l’auteur
Des plaignants que l’on écoute
Une indignation morale touche le public si ceux qui la portent sont populaires. C’est le cas des agriculteurs, qui bénéficient d’un fort capital de sympathie.
Une détresse jugée authentique
Revenus faibles, crises des filières, surendettement, détresse pouvant mener au suicide : les difficultés du monde agricole rendent sa plainte crédible aux yeux des médias et de l’opinion.
Les « petits » contre le « système »
Le terme colle au récit dominant des « petits » victimes de « gros » et du mépris social. Il s’est imposé pendant la crise des « gilets jaunes », puis avec le succès du film Au nom de la terre.
« Les postures d’indignation morale captent l’attention des médias et peuvent toucher le grand public si celles et ceux qui les véhiculent sont populaires aux yeux des Français. »Eddy Fougier, Le HuffPost, 7 décembre 2019
Pourquoi ce débat nous intéresse
Les mots structurent les débats sur l’agriculture et l’alimentation, sujets au cœur de nos travaux. Comprendre pourquoi « agribashing » s’est imposé aide à mieux dialoguer avec le monde agricole, sans nier ni sa détresse ni la légitimité des critiques sur les pratiques. Par transparence, l’auteur précise dans son texte avoir rédigé en 2018 un rapport sur ce thème pour une branche de la FNSEA.
Questions pour le débat
- Comment débattre des pratiques agricoles sans que toute critique soit perçue comme du dénigrement ?
- Pourquoi certaines indignations trouvent-elles un écho, et d’autres non ?
- Quel rôle les médias jouent-ils dans l’image des agriculteurs ?
Pour aller plus loin sur apala.fr
Résumé rédigé par Claude, une intelligence artificielle, pour APALA, à partir de l’article publié sur le site du HuffPost le 7 décembre 2019. Les positions exprimées sont celles de l’auteur. Une erreur ? Écrivez-nous.








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