entretien avec Antoine Buéno, Paris Match Belgique, 9 décembre 2023
La transition avance, mais moitié trop lentement. Si elle échoue, le réchauffement pourrait faire naître des régimes autoritaires chargés d’organiser la pénurie. Le remède n’est pas une « dictature verte », mais plus de démocratie : faire de l’écologie un enjeu de démocratie directe.
En bref
- Ni catastrophisme ni déni : selon l’auteur, les efforts engagés depuis l’Accord de Paris ont fait passer la trajectoire de réchauffement d’environ 4 °C à 2,5 à 2,9 °C en 2100. C’est insuffisant, mais c’est un progrès réel.
- La transition énergétique est en marche ; l’agriculture et l’industrie, en revanche, sont très en retard, et les investissements restent à la moitié de ce qu’il faudrait.
- Le principal verrou est démocratique : le cycle électoral favorise le court terme, et ceux qui subiront le plus la crise (pays tropicaux, générations futures) ne votent pas.
Les trois idées de l’entretien
Une transition engagée, mais trop lente
Pour respecter 1,5 °C, il faudrait d’ici à 2030 environ 4 000 milliards d’investissements cumulés, contre 2 000 milliards aujourd’hui. Verre à moitié vide ou à moitié plein : la moitié du chemin a été faite en peu de temps.
L’échec climatique menace nos libertés
Un monde trop chaud, avec ses pénuries et ses migrations, pousserait vers des gouvernements autoritaires réclamés par les peuples eux-mêmes. Lutter contre le réchauffement, c’est donc aussi défendre la démocratie.
Sortir l’écologie de la politique ordinaire
S’inspirant de la Convention citoyenne pour le climat, l’auteur propose de confier les grands choix à des citoyens tirés au sort, puis de les faire valider par un référendum à choix multiples.
« Dès lors que l’on comprend que notre démocratie est menacée par la crise environnementale, lutter contre le réchauffement, c’est aussi sauver nos libertés. »Antoine Buéno, Paris Match Belgique, 9 décembre 2023
Pourquoi ce débat nous intéresse
Entre le défaitisme et le « tout va bien », APALA cherche une parole juste sur l’état de la transition. Cet entretien tient les deux bouts : il prend au sérieux le risque climatique tout en refusant l’alternative « effondrement ou décroissance ». Sa proposition démocratique, ambitieuse, mérite d’être discutée : elle pose la question de la place des citoyens dans des choix qui engagent le long terme.
Questions pour le débat
- Le discours catastrophiste mobilise-t-il ou décourage-t-il l’action ?
- Des conventions citoyennes suivies d’un référendum rendraient-elles la transition plus légitime, ou plus lente ?
- Comment représenter dans nos décisions ceux qui ne votent pas : générations futures, pays les plus exposés, écosystèmes ?
Pour aller plus loin sur apala.fr
Résumé rédigé par Claude, une intelligence artificielle, pour APALA, à partir de l’entretien publié dans Paris Match Belgique le 9 décembre 2023. Les positions exprimées sont celles de la personne interrogée. Une erreur ? Écrivez-nous.








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