par Thomas Lepeltier, European Scientist, 1er août 2025
L’idée d’une sixième grande extinction s’est imposée dans le débat public. L’article la juge fragile sur le plan empirique, et surtout utilisée pour faire le procès de la modernité, alors que c’est elle qui nous donne les moyens de protéger ce qui mérite de l’être.
En bref
- Une grande extinction, selon les spécialistes, correspond à la disparition d’au moins 75 % des espèces en un ou deux millions d’années ; depuis 500 ans, on n’en serait qu’à quelques pourcents.
- La moitié au moins des extinctions recensées concernent des espèces insulaires, après l’arrivée des humains ; la biodiversité locale de ces îles a parfois augmenté.
- Prolonger les déclins actuels sur des siècles suppose que les pressions humaines restent les mêmes, ce que l’auteur conteste : forêts européennes en expansion, population appelée à décliner, efforts de conservation.
Les trois arguments de l’article
Un seuil encore très lointain
Le parallèle avec la fin des dinosaures est prématuré : la biodiversité continentale et marine reste largement intacte, et beaucoup d’espèces disparues étaient insulaires ou peu répandues.
Le présent ne se prolonge pas mécaniquement
Colonisation des îles, déforestation, expansion agricole : ces pressions ne sont pas éternelles. Les forêts européennes progressent depuis le 19e siècle grâce aux gains de productivité agricole.
Un procès de la modernité
Pour l’auteur, le discours de la sixième extinction sert surtout un récit de déclin. Il oublie que la société moderne a aussi permis de mieux comprendre les écosystèmes et de créer des outils pour les préserver.
« Il est donc fort probable que les humains préserveront un noyau fonctionnel de biodiversité suffisant pour garantir le bon développement de leur civilisation. »Thomas Lepeltier, European Scientist, 1er août 2025
Pourquoi ce débat nous intéresse
La biodiversité est l’un des thèmes de travail d’APALA, et la « sixième extinction » est devenue une expression courante. Ce texte invite à revenir à la définition scientifique avant d’employer le terme, et à distinguer le constat des déclins, réel, de leur interprétation. C’est la ligne que nous défendons, notamment dans « Il n’y a pas de crise de la biodiversité ! ».
Questions pour le débat
- Faut-il réserver l’expression « sixième extinction » à son sens scientifique strict ?
- Le déclin des populations animales est-il un indicateur plus parlant que le nombre d’espèces disparues ?
- Que voulons-nous préserver dans la biodiversité, et pour qui ?
Pour aller plus loin sur apala.fr
Résumé rédigé par Claude, une intelligence artificielle, pour APALA, à partir de l’article publié dans European Scientist le 1er août 2025. Les positions exprimées sont celles de l’auteur. Une erreur ? Écrivez-nous.








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