Même importé et suremballé, il vaut mieux manger végétal !

par Jonathan Guéguen | 7 Oct 2019 | Articles APALA, Alimentation, Climat

Le temps de lecture est de .

Points clés

  • Le végétal avant tout le reste : pour réduire l’empreinte de l’alimentation, privilégier le végétal passe avant le local, le bio, le zéro déchet ou la saison.
  • Une carotte lointaine bat la viande locale : le transport ne pèse que 11 % des émissions d’un aliment ; même suremballée, la carotte émet moins qu’une viande bio locale.
  • Un parmesan végétal bien plus sobre : 100 g à base de noix de cajou émettent environ 60 % d’équivalent CO₂ de moins que 100 g d’emmental bio et local.
  • Une approche scientifique, pas morale : APALA parle d’alimentation végétale ; est soutenable ce que l’environnement supporterait si tout le monde le faisait.
  • Accompagner les éleveurs : l’élevage, très déperditif, ne fournit que 18 % des calories ; mieux vaut aider les éleveurs à produire et transformer des légumineuses.
  • La cuisine, premier frein à lever : recettes simples, buffets soutenables et ateliers pratiques facilitent le passage au végétal.

🌱 Même importé et suremballé, il vaut mieux manger végétal !

[ ⏱️ Temps de lecture estimé : 2 minutes ]

🌍 L’idée clé
Pour réduire fortement l’empreinte carbone de notre alimentation, le levier le plus efficace n’est pas toujours celui qu’on imagine. Selon APALA, privilégier le végétal a souvent plus d’impact que choisir uniquement du local, du bio ou du zéro déchet.

🚚 Transport vs production
Contrairement aux idées reçues, le transport ne représente qu’une part limitée des émissions d’un aliment. L’essentiel vient de la production elle-même. Ainsi, même une carotte importée et emballée peut avoir un impact inférieur à celui d’un morceau de viande local, bio et non emballé.

🐄 Pourquoi l’animal coûte plus cher à la planète
Dans une chaîne alimentaire, plus on consomme haut dans le “réseau trophique”, plus l’énergie nécessaire augmente. Manger un animal implique aussi toute l’énergie mobilisée pour produire sa nourriture, son élevage, ses émissions, ses déjections et la transformation des produits.

🧀 Des alternatives concrètes
APALA illustre cette démarche avec un parmesan végétal, pensé comme alternative culinaire mais aussi comme outil de sensibilisation. Selon leurs comparaisons, 100 g de parmesan végétal à base de noix de cajou généreraient environ 60 % de CO₂ en moins que 100 g d’emmental bio et local.

🔬 Une approche scientifique, pas morale
L’association préfère parler d’alimentation végétale plutôt que végane, afin de centrer le débat sur les impacts mesurables plutôt que sur la morale individuelle. La question posée est simple : une pratique alimentaire est-elle soutenable si elle est généralisée à toute la population ?

🌾 Une transition aussi sociale
APALA souligne que l’évolution vers davantage de protéines végétales pourrait aussi offrir des perspectives aux éleveurs, souvent fragilisés économiquement. Produire et transformer des légumineuses ou d’autres protéines végétales pourrait devenir une voie de reconversion durable.

🍽️ Le vrai frein : la cuisine
Pour beaucoup, le principal obstacle reste pratique : comment cuisiner végétal simplement, rapidement et avec plaisir ? APALA mise donc sur des recettes accessibles, des ateliers et des buffets soutenables pour accompagner le changement sans culpabiliser.

#AlimentationDurable #Climat #TransitionÉcologique #CuisineVégétale #EmpreinteCarbone #LowTech #AgricultureDurable #DéveloppementDurable

🌱 Même importé et suremballé, il vaut mieux manger végétal !

[ ⏱️ Temps de lecture estimé : 2 minutes ]

🌍 L’idée clé

Dans cet entretien, APALA rappelle que l’alimentation pèse très lourd dans notre empreinte carbone. Pour réduire efficacement son impact, le levier le plus puissant reste de privilégier les aliments végétaux.

🥕 Local, bio, zéro déchet… mais pas à tout prix

Limiter les emballages, acheter local, choisir le bio et respecter les saisons restent de bonnes pratiques. Mais elles ne suffisent pas toujours. Selon les données citées, la production d’un aliment représente l’essentiel de ses émissions, bien plus que son transport. Une carotte importée et emballée peut donc avoir moins d’impact qu’une viande locale, bio et sans emballage.

🐄 Pourquoi l’animal pèse plus lourd

Manger un produit animal, c’est aussi prendre en compte toute l’énergie nécessaire pour nourrir, élever, transformer et transporter ce produit. Plus on monte dans la chaîne alimentaire, plus la dépense en eau, en terres et en carbone augmente. Les produits laitiers et les œufs sont aussi concernés, même si tous les élevages n’ont pas le même impact.

🔬 Une approche scientifique, pas morale

APALA préfère parler d’alimentation végétale plutôt que végane. L’objectif n’est pas de juger les choix individuels, mais de comparer les impacts environnementaux. La vraie question est celle de la soutenabilité : si tout le monde adoptait cette pratique, la planète pourrait-elle l’absorber ?

👩‍🍳 Des solutions simples et concrètes

Pour faciliter le changement, APALA mise sur des recettes accessibles, des ateliers et des alternatives low-tech, comme son parmesan végétal. Le défi n’est pas seulement de convaincre, mais d’aider chacun à cuisiner autrement, sans perdre en plaisir.

#AlimentationDurable #Climat #CuisineVégétale #TransitionÉcologique #LowTech #ConsommerAutrement #Végétal

🌱 Même importé et suremballé, il vaut mieux manger végétal !

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🌍 Le constat
Pour réduire l’empreinte écologique de notre alimentation, le levier le plus puissant reste de privilégier le végétal. Local, bio, zéro déchet et de saison comptent, mais ils ne compensent pas toujours l’impact élevé des produits issus de l’élevage.

🥕 L’idée qui bouscule
Même importée et emballée, une carotte peut avoir un impact carbone inférieur à celui d’une viande locale, bio et sans emballage. Pourquoi ? Parce que la production pèse bien plus lourd que le transport dans le bilan climatique des aliments.

📊 Le poids de la production
Selon les données citées, le transport représenterait environ 11 % des émissions d’un produit alimentaire, contre 83 % pour sa production. Dans l’élevage, l’impact vient notamment de l’alimentation animale, des gaz digestifs, des déjections, de la transformation et parfois de la déforestation.

🔁 La logique énergétique
Plus on mange haut dans la chaîne alimentaire, plus il faut d’énergie, d’eau et de ressources. Consommer directement des végétaux reste donc généralement plus efficace que manger des animaux qui ont eux-mêmes consommé des végétaux.

🧀 Des alternatives concrètes
APALA défend des solutions simples et accessibles, comme le parmesan végétal, pour montrer qu’on peut réduire son impact sans renoncer au goût. L’objectif n’est pas de culpabiliser, mais d’informer et de faciliter le passage à une alimentation plus soutenable.

👩‍🍳 Le vrai défi
Le principal frein reste souvent la cuisine : manque de temps, d’idées ou d’habitudes. D’où l’importance de recettes faciles, d’ateliers et d’outils low-tech pour rendre le végétal désirable, pratique et quotidien.

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Paru dans le numéro #21 Alimentation durable: Brisons nos chaînes alimentaires !

C’est sous le titre un brin provocateur, qu’à été publié notre entretien lors de notre rencontre avec Le Magazine les Autres Possibles (MAP pour les intimes). Bien sûr, le mieux est d’éviter le plus possible les emballages et de privilégier la localité, mais pas envers et contre tout, c’est ce que nous allons voir ici…

Mais tout d’abord, nous remercions chaleureusement le MAP de nous autoriser cette diffusion pour qu’un maximum de gens puissent accèder à cette interview en vue d’un nouvel article portant également sur le sujet (mais n’en disons pas plus !). Si vous ne connaissez pas encore le magazine, courrez l’acheter, c’est seulement 2€ ! Pas cher pour un journalisme indépendant, si ? A l’image de ce numéro (le #21) ce sont de belles productions qui traitent des sujets contemporains qui nous travaillent. Par chance, tous les numéros sont disponibles à la vente sur leur site internet ici.

Propos recueillis par Marie Bertin (Coordinatrice de la rédaction du MAP)

APALA s’est d’abord penchée sur le problème du chauffage, en inventant le “Poêle Fusée à Inertie”, avant de développer une recette de parmesan végétal… Vous avez eu faim en cours de route ?

Hé non ! Notre vocation, c’est de trouver des solutions techniques concrètes aux problématiques environnementales. Nous avons d’abord analysé quels étaient les principaux postes de dépense en énergie d’un individu : le chauffage représente plus de 60% de l’énergie consommée en France. D’où la mise au point d’un poêle de masse écologique performant. Mais, rapidement, on a réalisé que du point de vue de l’empreinte carbone globale d’une personne, si l’on prend en compte l’ensemble des cycles de production, l’alimentation est le premier responsable !  Elle représente un quart du bilan carbone d’un individu, selon le dernier rapport de l’ADEME (1), l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. On s’est donc mis à travailler à des solutions low-tech dans ce domaine : le parmesan végétal en est une !

Le fromage poserait-il problème plus particulièrement ? Rassurez-nous…

Non, mais le fromage animal fait partie du problème de l’impact environnemental des aliments issus de l’élevage en général. Notre parmesan est une réelle alternative, en même temps qu’un outil de sensibilisation : il nous sert d’exemple pour exposer et comparer les bilans carbones des différents types d’aliments. Car la conclusion de toutes nos recherches, c’est que pour réduire significativement l’empreinte écologique de notre alimentation, il faut privilégier le végétal, avant tout le reste. Le zéro déchet, le bio, le local, de saison, évidemment, c’est bien et important. Nous aussi, on trouve ça débile de mettre du plastique autour d’une carotte. Mais, si l’on compare les données disponibles quant aux bilans carbone des différentes chaînes de production, il n’y a pas d’ambiguïté : même suremballé, même venant du bout du monde, une carotte aura toujours moins d’impact qu’un morceau de viande non emballé, produit localement et bio.

Comment un produit venant du bout du monde pourrait-il être moins énergivore qu’un produit local ?

Il faut saisir le fonctionnement du “réseau trophique” [voir infographie] : la façon dont circule l’énergie à travers les différentes chaînes alimentaires. Au niveau 1, il y a les autotrophes : les végétaux, ceux qui sont capables de produire de la matière organique avec, seulement, du soleil et de l’eau et des minéraux. L’homme et les animaux en général, n’en sont pas capables. Ils appartiennent à un autre niveau : celui des hétérotrophes. Nous sommes donc dépendants des premiers. Quoi que l’on mange, il a fallu des végétaux à un moment donné de la chaîne : qu’on les mange directement, qu’on mange des animaux qui ont mangé des végétaux, ou des animaux qui ont mangé des animaux qui ont mangé des végétaux. Donc, plus vous mangez un maillon situé haut dans une chaîne alimentaire, plus vous « coûtez » en énergie. Reprenons un exemple : si vous mangez une carotte, il a fallu de l’eau et du carbone pour la produire. Si vous mangez le lapin, il a fallu de l’eau et du carbone pour lui + l’eau et le carbone qu’il a fallu pour produire les carottes que le lapin a mangées, etc.

L’impact des transports ne permet-il pas d’inverser ce rapport ?

Non. Car contrairement aux idées reçues, selon l’une des principales études sur les émissions liées au système alimentaire(2),réalisée aux Etats-Unis, le transport ne représente que 11% des émissions de gaz à effet de serre d’un produit alimentaire. 83% est dû à la phase de production elle-même. Dans le cas de l’élevage animal, cet impact est principalement lié aux gaz digestifs des animaux, à leurs déjections, à la culture et au transport de leurs aliments, à la déforestation, et à la transformation des produits à base de viande ou de lait, notamment.

Faut-il mettre sur le même plan une vache d’élevage et une poule qui mange nos épluchures dans le jardin ? Autrement dit, pourquoi prôner un retour au tout végétal, sans faire d’exception ?

C’est vrai. Si l’on fait une hiérarchie entre les animaux, la poule sera beaucoup plus économe en énergie que le veau par exemple. Le veau, c’est ce qu’il y a de plus énergivore! Cela dit, la poule reste plus énergivore que n’importe quel végétal… C’est ainsi. Or des scientifiques nous apprennent que nous vivons actuellement la sixième extinction de masse, 100 ou 1000 fois plus rapide que les précédentes. Nous en sommes la cause et nous ne savons pas si la vie y survivra. Dont acte ! Il semble primordial de mettre toutes les chances de notre côté: autrment dit, limiter notre impact au maximum.

Vous vous basez sur de nombreuses données chiffrées. Mais dans le domaine des études d’impact, les modes de calculs font polémiques…

Même en critiquant les études, on peut s’accorder sur le fait que l’impact du produit animal prévaut sur son équivalent végétal. Exemple : 100 g de parmesan végétal fait avec des noix de cajou, c’est environ 60% d’équivalent CO2 en moins que 100 g d’emmental bio et local. Idem pour la consommation en eau.

Si l’on vous suit : le lait, les oeufs, ont donc aussi un impact fort. Pourtant, vous parlez d’alimentation végétale, et non végane, pourquoi ?

On préfère parler de végétal parce que notre entrée sur le sujet est scientifique, et non morale. Or, dès que l’on parle de véganisme, on renvoie au débat éthique. Nous ne sommes pas des prescripteurs de conscience. Nos recherches servent à comparer les impacts des différents aliments, et à en informer le public. Une action a forcément un impact. Notre question de départ est : concernant l’alimentation, quel impact est soutenable pour la planète ? Selon nous, une action est soutenable si elle est généralisable : est-ce que si nous le faisions tous, l’environnement pourrait le supporter ?

Nos choix alimentaires ont aussi des conséquences sociales. Que répondez-vous aux éleveurs qui défendent leur savoir-faire ?

On comprend les éleveurs. Mais on pense que mettre l’accent sur le végétal est aussi une solution pour eux. Selon nous, le modèle actuel de l’élevage est hautement déperditif : la dépense énergétique est énorme par rapport à celle produite. L’élevage ne nous fournirait que 37% des protéines et 18% des calories que nous consommons(3). Par ailleurs, beaucoup d’éleveurs sont en dessous des minima sociaux. Ils ont le taux de suicide le plus élevé par catégorie socioprofessionnelle. Pourquoi vouloir continuer comme ça, de toute façon ? Bref, pour sortir les éleveurs de leur situation, selon moi, il faut les aider à prendre un virage et, pourquoi pas, à devenir transformateurs : produire davantage de protéines végétales (légumineuses en tous genres) et participer à leur transformation.

Quelles sont vos solutions low-tech pour faciliter l’évolution de nos pratiques alimentaires ?

On a interrogé les gens : le frein numéro 1 pour la majorité, c’est la cuisine. “D’accord, mais j’ai pas l’intention de passer des heures en cuisine, etc.” Autrement dit, ce qu’il nous faut, c’est réapprendre à cuisiner certains aliments et des idées de recettes simples et bonnes ! En plus d’élaborer et de partager des recettes, APALA organise des buffets soutenables et des ateliers de cuisine.

Retrouvez une première approche de la cuisine végétale au dos du magazine, à se procurer ici :

> #21 Alimentation durable: Brisons nos chaînes alimentaires ! <

Références

(1) Barbier, C., Couturier, C., Pourouchottamin, P., Cayla, J.-M., Silvestre, M. et Pharabod, I. (2019). L’empreinte énergétique et carbone de l’alimentation en France. De la production à la consommation. Club Ingénierie Prospective Énergie et Environnement (CLIP), Iddri, avec le soutien de l’ADEME. hal.inrae.fr/hal-04177325v1

(2) Weber, C. L. et Matthews, H. S. (2008). « Food-Miles and the Relative Climate Impacts of Food Choices in the United States ». Environmental Science & Technology, 42(10), 3508-3513. doi.org/10.1021/es702969f

(3) Poore, J. et Nemecek, T. (2018). « Reducing food’s environmental impacts through producers and consumers ». Science, 360(6392), 987-992. doi.org/10.1126/science.aaq0216

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